Le Tout danse, le Tout chante en cet instant de réalité printanière.
Un instant de plénitude vibrant de formes, de couleurs, de senteurs, de sons…
Cette réalité semble être la mienne car je la perçois et je la reçois à partir de mon corps.
Je suis tel un témoin conscient d’une réalité dont ma personne fait partie…
Je suis consciente que la réalité et ma personne sont la même chose, dans le sens qu’ils sont une manifestation possible, issue d’un non manifesté.
Si je suis là faisant partie de cette réalité, alors il n’y a plus aucune question à se poser quant au pourquoi je suis là…
Il n’y a plus de « pourquoi » puisque c’est simplement juste là…
Plongée dans ce hors du temps, il me semble même ne pas être une création avec un début et une fin.
La naissance ? La mort ? Des concepts qui n’ont plus leur place en cet instant impalpable.
Là je prends conscience que je ne suis plus obligée de suivre ce qui a été créé et manifesté.
Je suis tel un effluve libre de me manifester sans aucun pourquoi ni comment.
Mais ce n’est qu’une première étape en quelque sorte…
Tant que je pense que je suis libre, alors cela exprime encore ma soumission inconsciente à être une création, une conscience avec un début et une fin…
En effet, identifiée à la conscience, à la création, à la manifestation, je reste agrippée à celle-ci qui n’est qu’une diffraction de la Lumière pure d’Origine.
Je suis le non manifesté qui porte tout le manifesté, la conscience et ses sous couches de créations multiples et variées.
La conscience semble me donner tout pouvoir d’atteindre tous les états possibles, mais je reste enfermée dans un leurre, dans un cercle, dans une boucle.
Le champ des variantes de cette manifestation est infini.
Même si la conscience semble me donner tout pouvoir, alors par adhésion, je lui donne à mon tour également le pouvoir de continuer à m’enfermer dans l’illusion d’une personnification, dans l’illusion d’une liberté…
Il est temps pour moi de ne plus donner mon accord à cette supercherie parce que c’en est une !
La conscience m’a fait jouer des identités et des rôles, elle m’a fait croire à mon infinité alors que je ne pouvais être que limitation au sein de sa création…
L’infinité réelle, c’est quand on dit NON tout simplement. Un NON qui réinstalle dans le non mouvement…
Alors se vit tel un éclatement intérieur dans mon corps, une explosion de particules.
Des larmes coulent de joie dans ce cri d’Amour qui me ramène à ce non manifesté, me ramène au Silence, à la Présence, au Réel…
Cat Z – Une Présence
Le 17 mars 2026



